Interview...Du coté de chez Swan

Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 14:34
free music

Salut mes agneaux,

Aujourd'hui, De l'amour de la différence

Interview du designer de eyewear, le "pointu" Thierry Lasry.

 
Un des choses que j'aime le plus dans la création c'est le goût du risque et des partis pris forts.
J'ai rencontré Thierry plusieurs fois sur des salons, et à chaque fois j'ai été frappé par son esprit positivement radicale, aussi  bien dans sa personnalité que dans ses créations.

Thierry n'est pas totalement là par hasard, puisqu'il est le fruit d'un opticien et designer. Sa première collection est sortie en 2007.
Ses modèles sont aussi classiques que subversifs avec une distribution très sélectives. Et des noms plutôt glam : Bikiny, Pimpy, Sparkly, Insomny, Fetishy, Exhiby,...

Bref, Thierry Lasry est une sacrée personne avec un talent certain, d'où ma curiosité d'en savoir plus... et aussi parce que ... que vive la création!

Vous voulez en lire plus sur sa bio, c'est
ici.
Sinon son site, c'est
.

Et pour l'interview, allons y!


Quel est ton état d'esprit mode / musique actuel ?
Très simple :  mix de rock et d’électro avec un zest hi
p/hop break pour la touche 80’s.

Quel est LE fashion faux pas ?
Les gros logos sur les vêtements ou les accessoires. Je ne parle même pas des lunettes où là c’est inqualifiable.

Quel est le designer / musicien que tu admires ?
Je n’admire personne en tant qu’individu mais uniquement pour leur travail.
Donc concrètement, je dirais le génie créatif de Karl Lagerfeld, le génie visionnaire de Marc Jacobs et Pharell Williams pour sa polyvalence.

Quelle est designer / musicien d'inspiration ?
Je suis plus inspiré par des ambiances, des décors, des objets, etc.. que par des personnes.

Quel est ton plus gros trésor en mode?
Mes bijoux Chrome Hearts … -8 bagues et une grosse gourmette- que je ne quitte jamais.

Quel est l'achat qui t'a rendu le plus heureux ?
Celui à venir …

Quelle est ta principale caractéristique en tant que créatif ?
Je travaille très très vite … Il m’est arrivé de dessiner une collection complète en un week-end … évidemment, cela découle de mois de réflexions internes sur la ligne directrice de la saison à suivre, etc …

Qu'est ce que tu aimes le moins chez toi en tant que créatif ?
Le fait qu’on se lasse vite de ce qui nous a tant excité il n’y a pas si longtemps, mais paradoxalement c’est là l’essence de la création où il faut systématiquement se réinventer.

Qu'as tu fais de plus fou en mode ?
Mon modèle HAPPYDAZY, une lunette avec un verre en acétate incrusté de 250 cristaux Swarovski. Uniquement pour coktails ou soirées naturellement …

Quel mot/nom te fais horreur en mode et/ou musique ?
POP, je ne m’adresse pas à la masse mais à une certaine élite qui est intéressée par ce qui est différent voire marginal donc le populaire, c’est pas pour moi …

Quel est le mot qui revient le plus sur ta créa ?
« Identité ». On dit souvent que ma collection a une très forte identité, je trouve que c’est sans doute un des meilleurs compliments qu’on puisse faire à une collection dans la mode.

Quelle est ta plus belle réalisation ?
Pour l’instant, mon modèle "PIMPY" et "HAPPYDAZY" qui, lancé en Octobre 07, est devenue le chouchou des rédactrices mode et stylistes du monde entier et est apparu (et continue) dans la crème de la presse internationale, de VOGUE à L’OFFICIEL, en passant par ELLE, MARIE-CLAIRE ou GLAMOUR, c’est une véritable folie !


Quelle est la qualité essentielle pour toi en mode ?
La remise perpétuelle en question et ce petit truc qui fait que je sens les trucs avant les autres …

Quelle est ton rêve de création ?
Il y a quelques semaines, je vous aurais sans doute répondu, créer des modèles pour un grand défilé de mode à Paris ou à NY mais il se trouve que ce sera à priori le cas pour Septembre 2008.
Je dirais donc plutôt une collaboration avec un designer de sacs ou de chaussures pour le coté fantasmatique de l’objet.

Quelle est ta devise mode?
Be Yourself


* A Paris, vous trouverez
Thierry Lasry chez :
MARC LE BIHAN, 22 rue Etienne Marcel et au Jardin du Palais Royal
LE66 CHAMPS ELYSEES,
Sinon à Londres, NYC, Saint Petersbourg, Hong kong, Melbourne,...

** Autres interviews :
Anouschka
Finger in the nose
Jérôme Dreyfuss
Marc Le Bihan
Naelie
TV Guest



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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 22:02
free music


Salut mes fidèles,


En ce début de semaine chargée, et comme j'ai une affection toute particulière pour cette interview réalisée par myself et avec les très belles photos de
Garance, au cas où vous auriez zappé mon WOW, voici Marc Le Bihan....

 

Marc le Bihan
© Photo Garance Doré

Marc est une énigme, Marc se fait rare.
Marc Le Bihan est pourtant membre invité de la Haute-Couture.

Des années que je le suis de loin et qu’il m’échappe. Amoureuse du déstructuré, du noir et des influences belges, cela faisait longtemps que je voulais en savoir plus sur Marc Le Bihan.
Alors quand Wow reçoit un mail nous informant que Marc Le Bihan collabore à une nouvelle ligne, Korda*, j’ai sauté sur l’opportunité de l’interviewer, mais quel drôle d’endroit pour une rencontre !

Nous avons rendez-vous dans le 18ème arrondissement de Paris, où Marc fait le shooting du catalogue de sa propre collection.
Pourquoi “nous” ? Parce que j’emmène ma copine Garance, oui the One, Golden Garance, pour qu’elle prête à WOW son talent de photographe.
Garance a sorti ses talons, moi mon léger cuir.
Quelle bonne idée… pour se retrouver au dernier étage d’un parking délabré et glacial, mais parfait environnement pour le shooting.
le bihan shooting
© Photo Garance Doré

Heureusement, l’équipe nous accueille avec du thé bien chaud.
Marc, super disponible, se prête souriant et fumant, au jeu de l’interview.
Mimétisme, je souris, je fume, et le questionne.
Marc, explique-moi ce que sont tes lignes : haute couture, prêt-à-porter ? Et dois-je désespérer de trouver tes créations à Paris ?
J’ai deux lignes : une collection plus prêt-à-porter, et l’autre dans un esprit couture, mais elle est très peu produite, c’est avant tout du sur-mesure.
En France, il y a peu de points de vente, essentiellement à Lille et à Marseille. Sinon, il faut partir en Italie, au Japon, en Allemagne…
Quel est ton parcours ?
Initialement, j’ai une formation textile. J’ai commencé à 15 ans à la Manufacture des Gobelins à Paris, où j’ai travaillé 7 ans pour faire de la restauration textile.
Parallèlement à ça, j’ai une formation en dessin et histoire de l’art. L’histoire de l’art m’a amené à réfléchir, à lire pas mal, et voir beaucoup d’expositions. Du coup je me suis intéressé à ce qu’était un corps et chercher un support qui soit proche du corps. Je n’avais pas du tout pensé à aller dans la mode. Je cherchais un métier manuel, et proche du textile et de la création. Cela m’a amené vers les Arts Déco. Puis, je suis passé quelques mois à la St Martin à Londres.
De style, je me sens très proche de l’école Belge. J’ai fait ma première collection en 91.
Comment te caractérises-tu en tant que créatif ?
Ce qui m’intéresse plus que la mode, c’est la constitution d’une garde-robe, au fur et à mesure du temps.
Dans mes collections, on va retrouver des modèles vus il y a 10 ans en même temps que des choses nouvelles. C’est plus un processus, une réflexion sur le vêtement qu’une création de collection.
Tu as une couleur récurrente ?
Oui, l’absence de couleur ! Uniquement des couleurs assez neutres, car je n’aime pas beaucoup la couleur dans le vêtement.
Quel est le mot qui revient le plus sur tes créations ?
On parle d’un mélange de quelque chose d’assez rock et de romantique, ce que je trouve complémentaire et opposé à la fois.

Marc le Bihan bottes

© Photo Garance Doré

Quels sont tes créateurs de référence, ceux qui t’inspirent ?
Forcément toute l’école belge. Quand j’ai commencé, ils étaient déjà là. Et aussi, les japonais qui ont apporté beaucoup.
Qu’est-ce qui t’a fait démarrer ?
J’étais aux Arts Déco, et là j’ai préparé le concours de Hyères. J’ai été sélectionné, et en fait, j’ai eu un prix* ! Une partie du prix à l’époque était un stand au salon du Prêt-à-porter féminin. De là j’ai touché mes premiers clients.
Tu es très présent en Italie. C’est comme ça que tu as rencontré Vittorio Venafra* pour la ligne « Korda di Marc Le Bihan » ?
Ca s’est passé de façon très différente, c’est via Daniela, la fille de Vittorio, avec qui je travaille sur cette collection. Elle travaillait dans la mode, et avait vu des pièces à Londres, et elle me disait « à chaque fois que je voyais une pièce qui me plaisait, je retirais ton nom . Je me suis dit, c’est un signe, il faut que je l’appelle ».
Elle a mis 6 mois avant de trouver mon numéro de téléphone. On s’est rencontré, et on a parlé de la façon dont on appréhendait le monde de la mode et aussi ce métier.
Moi lui disant, que je ne me sentais pas dans ce monde, cette idée de mode ne m’appartient pas. Ce n’est pas que volontaire. C’est une histoire de système, un magazine ne vit que par la pub, il reste 1% pour parler des gens qu’on aime bien, des nouveaux.
C’est la réalité du système. Tant qu’on est nouveau, ça va. Les 4 premières années, on arrive à faire des choses. Ensuite, même les journalistes qui le voudraient n’ont pas la possibilité de le faire.
Ce qui veut dire que, au niveau commercial, il y a des boutiques qui ont besoin de la publicité d’un créateur dans les magazines, pour acheter la collection. C’est une espèce de cercle vicieux.
Les boutiques-phares sont bloquées pour des histoires de budget, donc il faut trouver des gens qui comprennent l’histoire et sont capables de la suivre. Il faut juste savoir trouver sa place.
Tu as une femme idéale que tu souhaites habiller ?
La femme idéale est celle qui comprend.
Si on me dit dans une boutique, la clientèle c’est celle de 20 à 75 ans, je suis très content. Bon après il y a la notion du pouvoir d’achat bien sûr…
Ce qui m’intéresse vraiment, plus que l’idée du corps, c’est l’idée de l’être humain. Mon processus de création est presque plus littéraire. Quand je montre à un vrai commercial, ce que je considère comme « commercial » dans ma collection, il me regarde « ah bon ??! ».
Le pays qui marche le mieux ?
Japon et Italie, les italiens comprennent bien. Mais la rue est tellement différente en Italie, on sent que les gens s’habillent même pour aller faire les courses, et quand on sort le soir on se change. Il y a vraiment un effort de fait, c’est impressionnant, une extrême attention.
Un pays que tu aimes particulièrement ?
Le Japon. Forcément, c’est un pays qui m’inspire. A la fois, très fort en tradition, très moderne. Je me souviens d’une femme en kimono qui attend le train. C’est presque une image d’Épinal, mais c’est ça le Japon. Une espèce de supra modernité, et des traditions très présentes.
Tu sors à Paris ?
Pas le temps. Je sortais beaucoup étudiant, mais je ne sors plus !
La musique t’inspire ?
Oui, beaucoup ! J’aime bien PJ Harvey, Cat Power, des gens comme ça. Il y a des vieux que j’aime beaucoup qui ont disparu, Joy Division. Et oui, Patti Smith.
Tu as un rêve de création ?
Une vraie jolie robe, toute simple, une petite robe noire indémodable qu’on peut porter toute sa vie.
Un truc à éviter absolument ?
Le total look bien sûr, c’est la caricature. Pourtant, je considère qu’à partir du moment où les vêtements sont montrés ensuite dans les boutiques, ce n’est plus à moi. Je pense à une copine qui, un jour, va dans une boutique, et la vendeuse lui dit : « c’est pas du tout comme ça que le créateur l’a imaginé !». Alors elle a reposé la pièce. Parce que c’est stupide. Ça, c’est la vrai faute de goût : vouloir imposer.

Marc le Bihan chemise

© Photo Garance Doré

Tu te sens prêt à faire des compromis ?
Non. Là, j’ai accepté cette collection pour Korda, car d’une part j’ai totalement confiance en Daniela et son père Vittorio, et parce que j’avais carte blanche aussi. On ne m’a pas demandé de faire quelque chose de différent. Forcément, les contraintes, c’est moi qui me les suit imposées, comme faire une collection plus commerciale. L’idée, ce n’est pas de répéter ce que je fais déjà. C’est un peu le défi.
Ce sera fabriqué de façon plus industrielle, mais en gardant une main artisanale. Korda est produit en Italie.
Et ta ligne est produite où?
Tout est fabriqué en France et même à Paris, une grosse partie à l’atelier, et on travaille avec des petits ateliers autour de Paris.
Toute la collection est très artisanale, c’est une façon de contrôler, une façon de savoir avec qui on travaille, dans quelles conditions ces gens là travaillent, combien ils sont payés. Je connais la qualité, comment c’est fabriqué. Ce sont vraiment des belles matières.
Du coté commercial, c’est quelque chose qu’il faut défendre et dont il faut parler.

Oui, il a raison, il faut parler de tout ça, il faut mettre la création à l’honneur, mais aussi le savoir-faire, l’intégrité, et le talent. Marc, c’est tout ça. Maintenant je sais que non seulement j’aime les créations de Marc, mais qu’en plus c’est un puriste, un artiste, un type vraiment bien !
Alors pendant que le shooting se poursuit dans ce drôle d’endroit, je m’extasie sur ses pièces, mélange de neuf et d’ancien : un pull militaire des années 50 revu en gilet, du faux vison teint et bouilli, du satin viscose dévoré, des écossais qui viennent d’Écosse, des broderie de perles vintage, et de pures créations…
Collection Marc le Bihan pour Korda
© Photos Cécile Guyenne

* Marc a gagné le concours de Hyères ex-aequo avec Viktor&Rolf !
* Korda di Marc Le Bihan est une ligne de prêt-à-porter de luxe, fruit de la rencontre de Marc Le Bihan, fashion designer français membre invité de la Haute Couture et Vittorio Venafra, un homme amoureux de la mode, sans cesse à la recherche de nouveaux talents. La collection Automne-Hiver 2008-09 sera mise en boutique à partir de Juillet 2008.

Material Girl (texte) & Garance Doré (photos) pour
WOW

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Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /Avr /2008 14:37

Salut les connaisseurs,

Miss Eva, cela fait un bail que je la croise : à des ventes,

sur des salons,... Je connais et achète ses créations depuis un moment au hasard des rencontres.

D'ailleurs, c'est comme ça qu'Eva a commencé :  elle a fait les fameux marchés de Londres, elle a voyagé, et pour finir elle est revenue sur Paris pour développer ses créations inspirées.

 

Alors, comme j'aime beaucoup son travail aussi simple que raffiné, aussi abordable qu'élégant, je voulais faire parler cette sympathique damoiselle qui a plus d'une fois, et sans le savoir, sublimé mes tenues!

Questionnaire à la Proust :

Quel est ton état d’esprit mode/musique actuel (style) ?
Rhythm n'blues  
Quel est LE fashion faux pas ?
le total look
Qui est ton designer/ musicien tu admires ?
Yamamoto/Ray Charles
Quelle est designer d’inspiration ?
Isabel Marant
Quelle est ta principale qualité en tant que créatif ?
rendre les femmes belles avec peu d'artifices

Qu’est ce que tu aimes le moins chez toi en tant que créatif ?
ma remise en question perpetuelle
Quel mot te fais horreur en mode/musique ?
Fashion Victim
Quel est le mot qui revient le plus sur ta créa ?
poésie
Quelle est ta plus belle réalisation ?
poussières s'étoiles
Quelle est la qualité essentielle pour toi en mode ?
le perfectionnisme

Quelle est ton rêve de création ?
j'aimerais pouvoir travailler sur une collection plus précieuse , en or et en argent.

Quelle est ta devise mode/musique ?
La simplicité , encore et toujours!!!!


* Eva Gozlan est vendue chez à Paris entre autres chez Matière à
Réfléxion (19 rue de Poitou, 3), Joy (38 rue du Roi de sicile), American Rétro
Et aussi à Cannes, Secret Garden, à Marseille, à Montpellier, en Belgique, etc... Allez voir sur son site  :
Eva Gozlan

**Nanikaa en a parlé il y a peu aussi ici
evagozlan.jpg
Par Material Girl - Publié dans : Interview...Du coté de chez Swan
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 15:56

Salut

Il y a quelques semaines pour le premier numéro de WOW, j'ai fait une interview d'Anouschka, la grande dame du vintage.
 
Pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de la lire et parce que j'ai pris un réel plaisir à la faire, j'ai eu envie de la remettre sur mon blog.

Que le spectacle commence...


Anouschka, c’était LA personne que je voulais pour le 1er numéro. Personne d’autre. Le 1er numéro, la première fois, ma première vraie interview, le premier contact, la première robe… le premier bal… le bal des débutantes… Comment ne pas parler des références, de ces chers créateurs, de l’histoire… du vintage avec la prêtresse de la mode, la muse, l’inspiratrice, celle qui est à l’origine… Anouschka !

 
Quelques jours avant l’interview, je cherche à joindre Anouschka. Absente. Bouhh…
Dring. Anouschka herself me rappelle pour accepter, partante et plus que charmante. Ô joie !
Quelques mots et je la sais adorable et rayonnante.
Quelques phrases et je sais déjà combien je vais me régaler avec cette rencontre…


Anouschka & les histoires

Anouschka est la 1ere à avoir conserver les choses pour ancrer les collections dans leur époque. Elle est capable de dire pourquoi elle a acheté chaque pièce.

Dans les 80’s, alors qu’elle était encore mannequin, elle s’est prise de passion pour les pièces de créateurs et les puces de Clignancourt. Elle y a rapidement trouvé un associé, et a commencé à vendre des pièces uniques. Au fur et à mesure, elle a ancré ces pièces dans l’histoire, dans une histoire et chaque pièce est venue compléter la collection, et alimenter l’histoire.

C’est ça Anouschka, ce n’est pas juste un entrepôt de pièces-phares de designers, mais une sélection rigoureuse, amoureuse, dans l’idée d’instaurer un dialogue entre les pièces. Avec ses merveilles, elle est capable de recréer une collection, comme avec ces sublimes robes d’YSL… Si vous aviez vu !

Anouschka la passionnée

Son activité est née de sa passion. Elle dit elle-même son rôle difficile à définir car dans le domaine de l’immatériel. Si elle n’y voit pas de sens réel, ce flou lui convient parfaitement, elle tient à rester confidentielle.
Cette aura quasi mystérieuse lui confère ce statut de muse, d’inspiratrice, car c’est bien ça qu’elle est, mais sur la base d’un énorme travail, d’une montagne de savoir.
Anouschka est assise à la droite du père, soyons raisonnables, du chef d’orchestre, et lui offre un regard neuf, spontané, un regard extérieur et connaisseur.
Elle se qualifie modestement de super assistant du Directeur artistique ! Moi, je répète, muse… Une pasionaria de la création ?

Le temple d’Anouschka

Le showroom d’Anouschka existe maintenant depuis 25 ans, alors vous imaginez la quantité de pièces accumulées au fil des années ?!
En plus de ce grand appartement dans le 2ème arrondissement, 3 autres lieux de conservation accueillent ces merveilles. Le showroom est un ensemble de 4 grandes pièces avec des portants du sol au plafond.

Des portants de robes 50-60’s par là, des murs de chaussures par ici, les costumes pour homme encore là-bas, un plateau de lunettes en écaille ici, des vestes de moto, … Ah, un portant de robe YSL, ici des pièces Dior, là que des manteaux, …
Tout est classé et référencé sur catalogue. Chaque saison, ils trient, rangent, déplacent certaines pièces et en ressortent d’autres.
Vous passez à peine la porte de l’appartement et des merveilles sorties des portants vous sautent aux yeux, des styles, des époques différentes et pourtant une harmonie indiscutable.

Anouschka & ses merveilles

Ce jour là, j’ai été accueillie par Margie, 20 ans de collaboration avec Anouschka, puis par Bertrand qui me fera visiter le showroom. Bertrand travaille là depuis 6 ans, c'est un passionné de mode. Intarissable sur l’histoire des couturiers aussi bien que sur le détail de chaque modèle, les poches, les volumes, les matières, il s’enthousiasme à chaque évocation.
Là, c’est un festival de merveilles commentées par Bertrand !!!

 

Cette sublime robe blanche, longue, de Guy Laroche présentée à l’époque en entrée du spécial robe de l’officiel…

Une veste en paon, véritable travail de couture, cadeau de Tom Ford, avec qui Anouschka a beaucoup travaillé.

Une robe rouge et noire de Nina Ricci fait pour le magazine Elle par Nina Ricci. C’était la première fois que la boutique Elle faisait appel à un couturier. Robe, fichu, ceinture, tout y est. Extrêmement travaillé.

Des vestes de l’armée aussi, des blousons de moto avec des découpes incroyables.

Une robe Paco Rabanne en pièces martelées de 71.

Une sublime veste bleu marine gansée noire, 2eme collection de Lagerfeld pour Chanel. Tous les thèmes chers à Chanel sont repris et en même temps, un travail sur les basques, ce cintré, ces poches… Une pièce emblématique !

Un manteau yeti vert émeraude, Miss Dior, 2ème ligne de Dior, beaucoup plus trendy, que Dior à l’époque.

Cette veste à épaule pagode de Madame Gres des 80’s, on pense toujours à Mugler pour ces incroyables épaules, mais Madame Grès aussi en a fait !

Et puis des pochettes Hermès, des Kelly magnifiquement vintage.

Et enfin, ce manteau en poil de singe noir monté à l’envers, un ovni.
Et puis sur un buste, une robe Dior par Monsieur Dior qui discute avec une incroyable cape plissée Alexander McQueen pour Givenchy.

C’est sans fin....

Le showroom d’Anouschka n’est pas une parfaite collection de vêtements de créateurs. Ici, ce n’est pas la marque pour la marque. C’est le coté inattendu, original qui fait la pièce. C’est le talent, mêle si souvent griffé, qui fait la pièce. Aussi, il y a des pièces pour la matière, les motifs, des jeux de rayures, les types de maille suivant les années… 
En revanche, oubliez les couturiers contemporains, le showroom s’arrêtent à Alaia, Montana,… avec les 80’s.

Anouschka & les clients

Beaucoup de designers viennent s’inspirer ou travaillent avec Anouschka et son équipe pour leur collection. Si elle a développé de grandes amitiés , les relations de travail sont très pro, l’idée est de se raconter des histoires, partager des images qui les emmènent sur les chemins de la création.
Et puis, il y a les clients à titre personnel, beaucoup d’actrices. Quant on voit le « revival » du plaisir vintage sur les personnalités les plus en vue, on comprend que la demande doit être de plus en plus forte.

Cependant, ne rêvez pas, le lieu ne se prête pas à recevoir comme le ferait une boutique, le showroom ne peut qu’accueillir au compte goutte.
Il y a aussi les expositions qui font appel au showroom d’Anouschka. Dernièrement, ce fut une exposition à St Petersburg pour Chanel. Et cette année au printemps, ce sera une expo sous la houlette de Florence Muller.

Le tourbillon des « fashion week »

Ce jour de février, ils ont la gentillesse de me recevoir alors que c’est la pleine période de rush : le mois des défilés et du salon première vision.

Les designers viennent prendre des modèles. Les shows américains, italiens sont passés alors ils débarquent en troupe pour de nouvelles pièces. Et les collections à Paris incitent les fashionistas à chercher des pièces bien spéciales.

Le rush, c’est jongler avec le quotidien et avec un concentré de beaucoup de monde en très peu de temps. C’est aller à première vision, faire des sauts à NY, Milan, Londres, recevoir qui il se doit venu spécialement pour quelques jours, …

 

Anoushka & Paris

Pendant sa carrière, Anouschka a touché a bien des domaines: film, pub, photo,...Elle a aussi eu la bougeotte:  3 ans autour du monde, 2 ans passés à Bali, …  et aujourd’hui Paris, sa ville. Si elle adore l’énergie de NY ou l’Italie, Paris est la seule où elle souhaite vivre.

 

Anouschka & son fétiche

Son créateur favori ? Sans hésitation, la réponse fuse, et même est récurrente à toute notre rencontre… Margiela ! Là évidemment, je ne peux qu’écouter religieusement… Oui, car aimer Margiela c’est un peu entrer en religion, et comme elle, je suis très pratiquante !

Même depuis son partenariat avec Diesel, il reste intact. Au contraire, elle y voit une bouffée d’oxygène, plus de moyen dans le choix des tissus, les finitions, le tombé. Les financiers seraient devenus quasi incontournables, le contraire serait un idéalisme forcené… et pourtant, elle n’est pas prête à faire ce compromis, même si c’est serré, compliqué.

Cependant, c’est avec autant de plaisir qu’elle travaille sur des choses qui ne lui correspondent pas. Si elle déteste les petites robes, elle adore les gens qui font des petites robes, car « on est super concentré. C’est très abstrait. On peut même s’y projeter alors qu’on ne correspond pas forcément à la femme de ce créateur-là. »

Anouschka & l’air du temps

Dans les secret de ce showroom, on y retrouve un tas de robe qui rappelle cet été : manche kimono, les fleurs, les robes très longues. Cette robe YSL fleurie des 70’s ou encore celle là des 80’s avec étoiles et volants, en plein dans l’été 08 non ?
Et cette sur-robe en tapisserie Biba très longue, la tendance de l’été 09 ? L’air du temps serait par là ?

L’air du temps serait une interprétation d’idées autour du corps, des interprétations différentes, plus sensibles à des phénomènes d’époque, de mode, d’envie. Tout à coup, on perçoit des choses imperceptibles, c’est pour cela qu’on a soudainement envie d’un keffieh, par exemple. Ce n’est pas vraiment un diktat, c’est se réapproprier d’une autre façon et c’est en ça que c’est important.

L’épaule pagode de Margiela, même si elle a été achetée par quelques personnes, on ne la voit pas dans la rue… Toutes ces petites choses qu’elle trouve fascinante.

Il n’y a que la rue qui décide. La mode ne vient pas de la rue, mais c’est la rue qui l’adopte ou non. C’est une espèce de grande digestion.


Bon, et pour finir, la rue ne se tromperait jamais ?? Euhh, là, elle me dit qu’elle déteste le fascisme, chacun ses goûts ! Et puis si on va à Londres, on peut tout se permettre… sauf… Sauf, quoi ???!

« Ah si un truc, le trop lycra, ça je déteste. Trop serré, trop lycra, pas possible, ça dérange un peu mes yeux. Les femmes ne se voient pas de dos ! On a envie de leur dire, mais non, une chemise blanche ! ».

Et sur cette revendication, je lui fais remarquer que je la retiens alors que son showroom la demande à corps et à cri.. Définitivement indispensable, incroyablement disponible, volontairement confidentielle ! Chuut, ne dites pas que je vous ai raconté tout ça, ça pourrait se savoir….

Par Material Girl - Publié dans : Interview...Du coté de chez Swan
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Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /Jan /2008 09:47

Hello mes poissons rouges,

W-B-Designer-portrait.jpg Hummm, aujourd'hui j'ai envie de vous faire réver un peu, rêver à un monde ensoleillé avec le ciel azur, la mer, le sable et ses p'tits poissons... un monde où on a chaud, tellement chaud qu'on n'a qu'une idée en tête, plonger avidemment dans cette mer turquoise, paradisiaque, qui s'offre à vous... hein, quoi, comment, vous n'avez pas le bon maillot de bain??! Aïe, ça casse le rêve!! Ca se voit que je ne vous ai jamais parlé de cette sublime marque de maillot de bain NAELIE....

NAELIE, c'est la créatrice Diane Hanouna qui a proposé sa 1ère collection en 2006.
NAELIE, c'est des maillots de bain et des vêtements qui s'associent entre plage, ville et voyage. Tout ça dans un univers glamour, épuré, sobre avec juste le petit twist qui fait la différence et les rend irrésistibles.
On s'est rencontré pour la première fois à New York en sept 2006. Diane avait aussi fait l'Institut Français de la Mode puis passée quelques années chez Vuitton. Une fille douce et dynamique, bref adorable, on a tout de suite accroché, et moi, je suis restée pendue en voyant sa collection de maillots et vêtements. 

L'an dernier, j'étais trop jouasse de me pavaner, infime honneur, dans LE fameux maillot de bain rouge bandeau à noeud que le ELLE himself avait estampillé Must have! Mes copines qui bavaient d'envie (et c'était pas beau à voir, croyez moi!) se sont converties aussi sec.

Cette année, la collection très seconde peau s'appelle Eden rock et ma belle Diane a encore innové : un bikini de luxe en soie (trop la classe), des maillots à l'esprit rock (vous pensez si ça me parle!), des combi-pantalons en satin de coton ultra légers... Il y a même quelques modèles liberty pour nos mouflettes (d'ailleurs, faudrait que j'y pense, ingrate de mère que je suis...)
Rita.jpg     Ines-copie-1.jpg

Sienna.jpg   Jane.jpg

Alors, vous pensez si ça devenait pas urgent que je l'interview..
Questionnaire à la Proust in rock et/ou fashion only :

Grace-copie-1.jpg Quel est ton état d’esprit mode/musique actuel (style) ?
Pop

Quel est LE fashion faux pas ?
Mini jupe avec des talons aiguilles

Qui est ton designer/ musicien tu admires ?
Inconditionnelle de Marc Jacobs

Quelle est designer / musicien d’inspiration ?
Muccia Prada

Quel est ton plus gros trésor en mode/musique ?
Robe Louis Vuitton à sequins que j’adore

Quel est l’achat qui t’a rendu le plus heureux ?
Je suis heureuse à chaque nouvel achat, quelque soit sa taille : robe hyper sophistiquée ou tee shirt.

Quelle est ta principale caractéristique / qualité en tant que créatif ?
Instinctive

Qu’est ce que tu aimes le moins (défaut) chez toi en tant que créatif ?
Je me lasse vite de mes propres idées

Qu’as tu fais de plus fou en mode ou musique ?
Un maillot en soie

Valentina.jpg Quel mot/nom te fais horreur en mode/musique ?
Fashion victim

Quel est le mot qui revient le plus sur ta créa ?
La pureté

Quelle est ta plus belle réalisation ?
Un maillot bandeau très pur dont je ne me lasse pas

Quelle est la qualité essentielle pour toi en mode/musique ?
Savoir se remettre en question

Quelle est ton rêve de création ?
Créer un produit simple et qui plaît naturellement à toutes les femmes

Quelle est ta devise mode/musique ?
Toujours suivre son instinct

Voilou mes poissons, Diane a parlé... Ca y est, vous aussi vous bavez d'envie, hein?! Et ben alors, pour les poissons rouges parisiens, courez au Bon Marché, au Printemps ou encore chez AB33. Pour les marseillaises, chez Andrea K . Et puis si jamais vous passez par Hong Kong, St-Barth, New York,... ben ça peut arriver, non? Bref, sinon pour allez voir sur le site (en cours de mise à jour...).

Allez, à demain,
je vais dans mon bain!
(notez pour les étourdis, que ça rime! Et puis j'ai pas de baignoire, arrrgh...)
Par Material Girl - Publié dans : Interview...Du coté de chez Swan
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