Mercredi 31 décembre 2008
D'un improbable retour...
Salut mes loups,
Le 3 janvier prochain, j'anti-fêterai mes 2 mois de bloggabsence. Blogger, c'est une question de vibe.... enfin de temps aussi... je n'ai pas la vibe, je n'ai pas le temps.
Bloggorésolution de l'année :
Retrouver mon esprit rock pour un retour dans le monde de la bloggo
Une adorable bloggueuse illustratrice a fait le parfait dessin pour cloturer cette année 2008, damn! Merci,
MaryGribouille...
et soyez en sûr, l'année 2009 sera... funky! Ou ne sera pas... enfin pour moi!!
A très vite,
Avec sans doute moins souvent des blablas, mais encore des portraits... c'est un concept, tout un concept, je suis un concept, vous êtes mon concept............
Bises à tous
et
BONNE ANNEE 2009!!!!!!!!!!
Du raffinement, du savoir-faire et du savoir-vivre
Dans la vie, certaines rencontres sont assez déroutantes.
Photo Lise Sarfati, bottines Weston révées par Clémence Krzentowski
Il y a ces gens avec qui vous avez parlé plusieurs fois une heure, que vous avez croisé 3, 4, 5 fois, et qui à chaque fois vous disent : « On s’est rencontré où déjà ? » Ou mieux encore : « On ne
s’est pas déjà vu quelque part ? ».
Enorme.
Des gens parfois dont c’est le métier de se souvenir des visages, des noms, des profils.
La première fois, tu te dis, ok, ça arrive. La seconde, tu rigoles. La troisième, tu trouves ça pathétique. Ensuite, ça devient grotesque.
Je précise qu’on ne peut pas dire que je sois une personnalité ultra effacée. Je peux aisément comprendre que je ne sois pas inoubliable, mais là ça dépasse les frontières des limites !
Alors là, je dis chapeau bas ces gens, pour tant d’énergie à nier toute bienséance.
Je dis, au moins c’est clair, je ne les intéresse pas.
Je dis, ça c’est fait. Ces gens ne m’intéressent pas.
Et puis.
Et puis, il y a ces personnes que vous avez vu 1 ou 2 fois, qu’on vous a présenté entre 2 portes. Ces personnes pour qui vous n’êtes a priori pas grand chose. Ces personnes qui pour vous font de
grandes choses.
Ces personnes qui, quand elles vous revoient, vous disent : « Comment vas tu Marion ? Tu en es où de …? Ca me ferait plaisir de … ».
Avec le sourire.
Spontanément.
Ces personnes là s’intéressent. Si bien qu’à un moment de la conversation, vous vous surprenez à parler plus de vous que de cette belle personne qui doit pourtant avoir une vie passionnante.
Là, vous pourriez avoir un éclair de honte, mais ces personnes ne vous le font pas sentir.
Oui, on peut aussi appeler cela de la simple politesse, ou plus vulgairement faire du RP, et dire que c’est fake…
On peut dire ce qu’on veut, mais c’est ce que j’appelle de l’intelligence, de la finesse, de la subtilité, du professionnalisme.
Ces personnes qui provoquent l’estime.
Ces personnes qui savent vous donner le sentiment d’avoir de l’importance.
Ces personnes à qui j’attache de l’importance. Quel que soit leur profil.
Ces personnes qui prennent de leur temps pour vous.
Ces personnes qui ont du savoir-vivre.
C’est ce savoir-vivre, que j’ai envie de lié au savoir-faire.
Hier, j’étais invitée au vernissage de l’exposition dans l’hôtel particulier du groupe J.M. Weston.
Humeurs
Une rencontre entre artistes et artisans
Le groupe, c’est aussi entre autres, Bonpoint et Michel Perry.
C’est par ce dernier, vous vous en doutez (interview...), que j’ai eu le plaisir d’atterrir là.
Michel, j’adore cette personne. France et Alice, ses attachées de presse, sont à son image. Adorables.
Mais aussi raffinées, discrètes et présentes à la fois.
Le service aussi est subtil. Tout comme l’accueil.
Qui se ressemble s’assemble, dit-on.
Voilà, c’est le type de lieu, d’évènement où tout est juste.
L’exposition est très belle.
Tout le monde reste chic mais décontracté. L’ambiance est chaleureuse.
Lors du vernissage à la fondation Bergé Saint Laurent, même constatation : raffinement, savoir-faire et savoir-vivre (post ici).
J’attends la même chose d’une maison comme Hermès.
Est ce l’apanage de ces grandes maisons où savoir-faire, histoire, amour de la création sont les maîtres mots ?
Alors quand même quelques mots sur cette exposition*.
Humeurs est la rencontre de 5 artistes et de 5 photographes avec les artisans de Weston.
Le principe de Weston : une paire de chaussure à soi, faite selon ses désirs.
Cette exposition pousse ce principe encore plus loin en réalisant les rêves de 5 artistes par les artisans de Weston : l’architecte Frank Gerhy, le styliste Martin Svelkely, le designer Kriss Van
Assche, la galériste Clémence Krzentowski, et Michel Perry.
Ces « commandes spéciales » ont été mises en scène et photographiées par : Martin Parr, Karen Knorr, Claudine Doury, Lise Sarfati et Harry Gruyaert.
« Pour des raisons de confort, les artisans disent travailler le cuir « en humeur », c’est-à-dire légèrement humidifiée. De leur côté, les artistes ont imaginé les modèles de ce projet selon leur
humeur, pour celles et ceux qui porteront ces chaussures… au gré de leurs humeurs ».
Et pour finir par mon coup de cœur…. THE chaussure.
Vous savez, LA chaussure que vous aimerez toute votre vie, LA chaussure qui vous suivra toute votre vie…
Merci Clémence Krzentowski de l’avoir rêver.
Une bottine, sobre, parfaite, dont la bride a été délicatement cloutée.

* Exposition « Humeurs », du 17 octobre au 13 novembre, 6, avenue d'Iéna, 75016 Paris. Visites uniquement sur rendez-vous. Tél. : 01 45 62 26 47.
** Pour en savoir plus, un bon article dans le figaro ici
D'un créateur incontournable.. de la mode au delà de la
mode
Je ne vais pas y aller par 4 chemins...
Vous aimez Martin Margiela? Courez à Anvers de ce pas!!!
Vous n'aimez pas parce que vous ne comprenez rien à Martin Margiela, mais? Courez encore plus vite à Anvers au Momu!!!
Bon, d'accord, si la question vous désintéresse complètement, je le déplore, vous passez à coté de quelque chose de grand, mais bon, total respect.. passez votre chemin.
Crédit photo : Zoé 7 ans, modèle sa cousine 6 ans, par
hasard...
Bon, prenons, les 2 premiers cas de figure.
Imaginons que vous allez à Anvers avant le 8 février 2009.
Imaginons que vous passez devant le Momu, soit le musée de la mode d'Anvers.
Imaginons que vous décidiez d'y entrer.
Qu'est ce que vous verriez?
Vous verriez l'exposition qui va vous faire comprendre pourquoi vous aimez déjà tant La Maison Martin Margiela.
Vous verriez l'exposition qui va vous faire comprendre la Maison Martin Margiela, et qui va vous la faire aimer.
Je vous promets que bien exposer une démarche mode, ce n'est pas une mince affaire. Ca peut vite tomber à plat. Et encore faut-il que le créateur ait les épaules suffisantes.
Dernièrement, Lacroix a divinement mis en scène ces propres créations au Musée de la Mode à Paris. Parfaite réussite.
Suivi de l'expo dans le même lieu, sur Valentino. Là, par contre, je sais je suis dure, mais on se demande si ça valait le coup...
Bref, revenons en à nos moutons blancs de la MMM.
Oui, car tout est blanc là-bas. Enfin, en gamme de blanc.
Maison Martin Margiela, The Exhibition, MOMU, Antwerp fait une démonstration magistrale de la puissance des créations MMM, avec une promenade aussi ludique, que facile à appréhender et passionante.
Scénographie de Bob Verhelst.
Cette promenade au pays de la MMM doit se faire à la lumière du livret fourni à l'entrée qui donne les clés de l'univers. Alors, je ne peux pas faire autrement qu'en citer quelques extraits.
Quelques définitions de la MMM :
"
Après ses études au département de la mode de l’Académie anversoise, Martin Margiela débute comme assistant chez Jean-Paul Gaultier. En 1988, il fonde la Maison Martin Margiela avec Jenny
Meirens, et en octobre de la même année, il présente son premier défilé qui fit sensation. Il sème les bases d’un langage esthétique radicalement nouveau avec une silhouette - élancée et
aux épaules étriquées – en rupture avec le ‘power dressing’ des années 1980. Sa très grande discrétion – les interviews sont invariablement concédées au nom de la Maison et aucune photo du
créateur n’est diffusée – contraste avec le culte des stars dominant la scène de la mode des années 1980 et 1990.
Maison Martin Margiela doit sa célébrité surtout à son déconstructivisme, à son usage de matériaux de seconde main ou sans valeur. Son œuvre combine de façon particulière une coupe classique et
un esprit conceptuel. Maison Martin Margiela montre l’intérieur d’un vêtement, dégage sa construction et se focalise sur les éléments souvent scrupuleusement cachés. Maison Martin Margiela révèle
les stratégies du système, découvre »les règles de grammaire » de la mode pour élaborer à partir de là une création radicalement nouvelle. Il s’ensuit une analyse du système derrière la
mode et qui se manifeste dans les différents aspects de la maison."
L'exposition est un parcours (initiatique?) de 26 pôles. Chaque pôle permet de mieux appréhender l'évolution de l'univers de MMM. Ce
qui est ludique est de comprendre comment chaque création est empreinte d'un sens, mais de façon très accessible. Avec la MMM, on peut parler de mode conceptuelle, mais sans la connotation
préjorative (car trop élitiste ou snob) que le terme concept peut avoir.
C'est ludique dans le sens où tout un chacun peut mettre des mots sur des éléments de l'univers.
Et c'est maintenant, que je comprends pourquoi de façon intuitive j'ai tant aimé Margiela. Il y a une réflexion dans sa mode, mais rien de snob. Le snobisme est ce qu'on en a fait , pas sa
démarche...
Alors maintenant, on peut dire ce qu'on veut... que la participation de Diesel dans MMM laisse sceptique, que les rumeurs parlent d'un départ de Martin Margiela, que son parfum... Aujourd'hui, à
cette heure H, j'aime. Demain, le temps nous le dira....
Voici quelques exemples des 1ers pôles...
1-Incognito
Oui, Margiela préfère rester incognito en réaction au système des supers stars de la mode qui prenait le pas sur la création. C'est aussi sa façon de souligner que c'est un travail d'équipe.
Margiela dit toujours nous.
Ce choix de l'anonymat se traduit dans toutes ses créations : ses étiquettes blanches, le fait de recouvrir les meubles de drap blanc, les visages des mannequins cachés par des masques ou des
franges, la blouse blanche du personnel, ...
Et si aujourd'hui, certaine comme moi, craque sur les lunettes "bandeau", et bien, sachez que ces lunettes sont références au scotch qui bandait les yeux des mannequins et au feutre qui masquait
les yeux sur les photos de look books!
2. La peinture
Le fait de recouvrir certaines créations, les mures, les sols de peinture permet de mettre en avant le facteur temps. La peinture se patine, craquelle pour marquer l'impossibilité de nier
l'histoire, et leur donne ainsi un caractère unique
4. Destroy
L'utilisation de matériau recyclé ou de pièces neuves en apparence rapée illustre le temps qui passe. Et crée ainsi des vêtements avec une nouvelle histoire.
6. Processus de conception
Vous avez peut-être vu certaines pièces de MMM avec des coutures apparentes, avec l'intérieur extérieure.... C'est sa façon de faire référence à la haute couture et de révéler l'histoire du
vêtement.
Margiela est un excellent taileur qui possède une grande maitrise du métier.
9. A "Doll's Wardrobe"
Pour l'hiver 94-95, MMM a reconstitué une garde robe de poupée type Barbie, GI Joe, en gardant les proportions, avec des zips ou boutons démesurés. Excellent!
Bon allez, j'arrête là, car j'ai dû perdre 98% des mes lecteurs à ce stade... y'a-t-il encore un fan de Margiela dans la salle???
Demain quelques photos d'anvers, enfin du parcours mode.....