Interview...Du coté de chez Swan

Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 18:11

De mode, de création et du concours Printemps Nation… Interview Rosa Tapioca

Allez zoup, on continue pour le troisième interview des sélection du
prix de la mode Printemps Nation. C’est au tour de Rosa Tapioca !!

Rosa Tapioca , c’est Aurélia. Aurélia commence par la déco pour la maison, et le design de bijoux et céramiques. Puis Aurélia décide de partir en Angleterre : direction le
London College of Fashion pour étudier le modélisme en vue de créer sa propre marque de vêtements : Rosa tapioca.
BARBIE
Cas encore rare, ces vêtements sont conçus dans son
atelier de Ménilmontant et produits en France. Aurélia s’attache à la dimension humaine de son projet : travail qualité, pas de compromis et respect du savoir-faire !

Rosa Tapioca est tout en féminité et bien-être. Sobre, la ligne joue avec les matières, la transparence, les formes…. Un univers tout doux, et rien que pour nous.
BIBI
Quant à son actu :
Rosa Tapioca démarre ce samedi des ateliers couture dans son atelier-boutique : 30 rue Etienne Dolet, Paris 20è (m° ménilmontant). Tous les mois, Aurélia propose un thème différent d'objets textile personnalisés à réaliser soi -même. Une idée cadeau pour soi ou à offrir!
Mise à part le concours du Printemps, elle participera à l’expo créateur Court Circuit du 24/26 octobre.
Et allez faire un tour à la boutique Rose Durantin, Paris 18è.

Pour son site, vous retrouverez toutes les infos ci-dessus ici
.

Voilà, je ne connaissais pas Rosa ou plutôt Aurélia, mais rien qu’à la lire, on sent qu’on ne va pas s’ennuyer, de l’humour et de l’énergie à revendre !

Alors pour confirmation, en route pour son interview

Quel est ton état d'esprit mode actuel?
Audrey Hepburn dans "Love in the Afternoon" (Billy Wilder) !
BETTY
Quel est LE fashion faux pas ?
Oh lala, vivent les faux pas !

Qui est le designer que tu admires ?
En ce moment, la maille d'Iben Hoej, tellement délicate

Quelle est designer qui t'inspire ?
En mode, de très très nombreux, de Madeleine Vionnet à Martin Margiela; mais dans les autres arts, la littérature, les films, la photographie,... sont aussi de fortes sources d'inspiration.

Quel est ton plus gros trésor en mode?
Le sourire convaincu d'une acheteuse

Quel est l'achat qui t'a rendu le plus heureux ?
Mon ordi acheté grâce à la première robe de mariée réalisée sur mesure

Quelle est ta principale caractéristique en tant que créatif ?
J'aime le mélange des matières et les gammes de couleurs subtiles

Qu'est ce que tu aimes le moins chez toi en tant que créatif ?
J'aimerais faire trop de choses!

Qu'as tu fais de plus fou en mode ?
Ca reste à faire!

Quel mot/nom te fais horreur en mode?
...

Quel est le mot qui revient le plus sur ta création ?
Atemporel
BO
Quelle est ta plus belle réalisation ?
La prochaine collection Eté ! Mais la suivante sera encore plus belle, j'espère...

Quelle est la qualité essentielle pour toi en mode?
Autodérision

Quelle est ton rêve de création ?
Imaginer des projets transversaux impliquant arts graphiques, musique, etc ...

Quelle est ta devise mode?
Less is more !

ANIS


** Interviews déjà réalisées pour le concours:
Marie Labarelle
Koshka Mashka

Et aussi :
Anouschka
Elsa Esturgie
Eva Gozlan
Finger in the nose / Siv Tone Kverneland
Jérôme Dreyfuss
Ma Ke
Marc Le Bihan
Michel Perry
Naelie, Diane Hanouna
Thierry Lasry

Par Material Girl - Publié dans : Interview...Du coté de chez Swan
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /Sep /2008 15:27
De mode, de création et du concours Printemps Nation… Interview KOSHKA MASHKA


 


Toujours dans le cadre du Prix de la Mode Printemps Nation, voici la deuxième d’une série de 8 interviews. Après celle de Marie Debarelle, please allow me to introduce…. Koshka Mashka!

Voilà, je vous transmets le pitch tel quel, car si joliment écrit…


« Koshka Mashka, c’est l’histoire de Mari ou Mashka en arménien.

Mashka est une princesse du Caucase, elle créé des robes somptueuses à partir de châles et de tissus arméniens.

En Arménie lorsque le vent vient de l’Est, on l’appelle Koshka. Un soir, Koshka soufflait fort sur les plaines du Caucase. Une caravane qui ramenait des soies de Chine s’arrêta pour s’abriter chez Mashka. Le marchand fût ébloui par les créations de son hôte, et l’invita à le suivre.

Mashka décida de suivre la caravane qui reprit son chemin au travers de l’Europe Orientale jusqu’en Italie.

Elle découvre les magnificences de l’Italie : matières, coupes, style … Elle travaille dur dans son petit atelier entre Milan et Padoue.

Un soir où Koshka se mit à souffler jusqu’à Milan, Mashka se laissa emporter jusqu’à Paris.

Mashka invite les femmes pour un voyage entre Orient et Occident. »


Mari est d’origine arménienne, a grandi dans une famille à forte sensibilité artistique. Rapidement, elle se tourne vers la mode et s’envole vers l’Italie dans des écoles de mode à Padoue et à Milan. Après un passage en Russie, elle s’installe à Paris, et décide de créer sa propre griffe. De tous ces voyages et de toutes ces influences naît Koshka Mashka.

Koshka Mashka se définit par un style raffiné, chic et piquant, avec des créations à la fois simples et sophistiquées.
Pour cet hiver, ses Matières de prédilection sont le cachemire, soie, laine et coton.


Quant à son actu :
TOPSHOP lui a récemment proposé un corner au sein du département « jeune créateur » de l’enseigne londonienne d’Oxford Circus.
MAUBOUSSIN a été séduit par la collection hiver 08-09 et les créations figurent désormais dans leur nouvelle campagne publicitaire.
Koshka Mashka fait partie des marques sélectionnées par ESPACE MAX le site.

Vous trouverez tout plein d’infos sur s
on blog ici.
Et une petite note sur le blog de Marieluvpink
ici.

Questionnaire à la Proust :
 
Quel est ton état d’esprit mode actuel?
100% rock et féminin
 
Quel est LE fashion faux pas ?

Suivre la mode sans y ajouter sa touche personnelle
 
Qui est le designer que tu admires ?
Marc Jacobs
 
Quelle est designer qui t’inspire ?

Sonia Rykiel pour ses créations sophistiquées et ultra-féminine mais je m'inspire principalement des styles de femmes dans la rue.
 
Quel est ton plus gros trésor en mode?
Mon savoir-faire
 

Quel est l’achat qui t’a rendu le plus heureux ?
Le livre sur le Rajasthan
 
Quelle est ta principale caractéristique en tant que créatif ?
Ma capacité à rebondir et mes origines multi-culturelles

 
Qu’est ce que tu aimes le moins chez toi en tant que créatif ?
Mon côté désorganisé et mon bordel permanent
 
Qu’as tu fais de plus fou en mode ?
Partir en Italie seule pour découvrir et poursuivre mes études de stylisme.
Organiser un défilé dans la rue dans le 11ème arrondissement de Paris avec mes créations.
 
Quel mot/nom te fais horreur en mode?
Kitch
 
Quel est le mot qui revient le plus sur ta création ?
Mignon et féminin, ça ne ressemble pas à ce que l'on voit
 

Quelle est ta plus belle réalisation ?
Ma prochaine collection ...
 
Quelle est la qualité essentielle pour toi en mode?
La persévérance
 
Quelle est ton rêve de création ?
Travailler pour un film, habiller et créer des vêtements pour tous les acteurs. Un film à la Sex and the city par exemple.


Quelle est ta devise mode?
Tous les jours la même mais chaque jour différente

* Vous pouvez voir et acheter ses creations  dans des multimarques comme Abou d’Abi Bazar à Paris et également en ligne sur
www.shoppingparismode.com
www.vitrinesparisiennes.com
www.rushcollection.com
www.espacemax.com

** Interviews déjà réalisées pour le concours:
Marie Labarelle

Et aussi :
Anouschka
Elsa Esturgie
Eva Gozlan
Finger in the nose / Siv Tone Kverneland
Jérôme Dreyfuss
Ma Ke
Marc Le Bihan
Michel Perry
Naelie, Diane Hanouna
Thierry Lasry

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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 12:03

De mode, de création et du concours Printemps Nation… Interview Marie Labarelle




Au mois de juin dernier, Nardjisse de mo(ts)de mode me propose de participer au jury du
Prix de la mode 2008 du Printemps nation (J’en parle déjà ). Une dizaine de candidats seront alors retenus.
Le jury se réunira à nouveau le 2 octobre pour décider des grands gagnants, mais d’ici là, j’ai convenu d’interviewer sur mon blog les créateurs retenus.
J'ai oublié de préciser : le thème du concours est Rock'n'roll!

Voilà pour vous l’opportunité de découvrir de nouveaux talents, tous différents les uns des autres. Alors pensez mode, pensez création, et zoup, en avant….

Marie Labarelle
n’est pas une débutante. Marie ne fait pas seulement de la mode non plus. Marie est impressionnante.

Tout a vraiment commencé en 2005 avec le lancement de sa marque, alors qu’elle était architecte.
De ce passé, elle nous propose d’incroyables créations jouant avec le volume et l’espace. Les matériaux sont recherchés et dialoguent avec la forme.
Elle joue sur la notion d’intérieur et d’extérieur, de dedans et de dehors, de caché et d’apparent.
Chaque pièce porte un nom aussi drôle que poétique : « Chemisier Rivière» ou « Tee Shirts qui embrassent ».

Pour le concours, Marie me précise que la silhouette réalisée est inspirée de la chanson des Beatles, Helter Skelter*, mais je vous en dirai plus lors des résultats...

Je vous laisse en lire davantage sur son très beau site ici.
chem
Quant à son actu : Marie vient d’ouvrir ce mois-ci un lieu unique regroupant  boutique- showroom et studio de création.
MARIE LABARELLE, LA MAISON,
34 rue des Petites Ecuries, Paris 10ème


Questionnaire à la « Proust » :

Quel est ton état d’esprit mode actuel?
"Sous le souffle de l'automne
une silhouette se dresse
seule"
Ryokân 

Quel est LE fashion faux pas ?
Marcher droit.

Qui est le designer que tu admires ?
Pour son parcours: Vivienne Westwood.

Quelle est designer qui t’inspire ?
J'aime suivre le travail de nombreux designers, mais mon inspiration trouve sa source ailleurs: cinéma, littérature, architecture...
Veste_Feuille_Gilet_Rivi_re_retouch_

Quel est ton plus gros trésor en mode?
Les traces laissées sur le papier par mon critérium Bic 0,7mm.

Quel est l’achat qui t’a rendu le plus heureux ?
C'est un non achat: je n'ai jamais eu de télé.

Quelle est ta principale caractéristique en tant que créatif ?
Ma vision du vide, l'espace "entre".

Qu’est ce que tu aimes le moins chez toi en tant que créatif ?
La dimension obsessionnelle de mes réflexions.

Qu’as tu fais de plus fou en mode ?
"Le Boudoir Imaginaire", mon défilé-genèse d'avril 2004. Un pur moment de bonheur partagé. 

Quel mot/nom te fais horreur en mode?
?

Quel est le mot qui revient le plus sur ta création ?
"Oh!? J'ai l'impression d'être une œuvre d'art!"

Quelle est ta plus belle réalisation ?
La prochaine, j'espère...

Quelle est la qualité essentielle pour toi en mode?
L'intensité.

Quelle est ton rêve de création ?
La Femme Paysage.
MG_ML_MM_10

Quelle est ta devise mode?
"Au fond de la brume
le bruit de l'eau-
je pars à sa rencontre."
Osaki HôsaiMG_ML_MM_08

* Si comme moi, vous ne le saviez pas , Helter Skelter signifie toboggan.....
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /Juil /2008 10:54

De Michel Perry, de passion et de stratégie

Cet entretien fut un grand moment et une joyeuse rencontre! Non seulement Michel Perry, le prince de la chaussure, est un être charmant et disponible, mais il est aussi rock’n’roll que passionnant.
Cet entretien devrait faire partie de tout cours pour les écoles de management en mode, les écoles de stylisme ou tout simplement à l’adresse des jeunes créateurs.
Mes fidèles, prenez en de la graine, cela vaut le détour !

J’ai eu l’occasion de rencontrer Michel Perry pour la première fois lors du goûter de bloggeuses organisé par Little fashion Gallery. Depuis ce jour, j’avais en tête de retourner voir cet hôte si accueillant.
Cependant, mon histoire avec ses chaussures date d’il y a beaucoup plus longtemps… un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre… j’avais alors une vingtaine d’années.

Vous êtes un des 1ers créateurs de chaussures haut de gamme qui m’ait fait rêver quand j’avais 20 ans. Mes amies et moi, on se ruinait pour s’offrir des bijoux Dinh Van, on se cotisait pour des sacs Jamin Puech, et Michel Perry, c’était LA paire de chaussures dont on rêvait. C’était fin 80 début 90.
C’est comme ça que la marque a démarré. Je n’avais pas fait d’étude marketing pour démarrer, j’ai lancé cette marque de façon spontanée, à l’intuition.
Sur ce marché, il y avait le choix entre les chaussures de luxe, fonctionnelles comme Clergerie, ou des chaussures plutôt importables hors des défilés, telles Mugler, Montana, Gaultier.
Une belle chaussure qui racontait un histoire, une émotion, une chaussure qui racontait autre chose que la fonction marche sans pour autant tomber dans le coté caricatural des défilés, il n’y en avait pas.

Cette analyse, je l’ai faite après car j’ai eu la chance d’avoir un succès quasi immédiat.
  

Rapidement, j’ai commencé à être reçu un peu partout. Je trouvais ça normal, alors que c’était exceptionnel. A l’époque, la chaussure était le parent pauvre de la mode. J’ai relancé le déclic d’ouvrir son porte monnaie pour les chaussures.
Aujourd’hui, le phénomène s’est amplifié de façon considérable, parce que n’importe quel petit fabriquant, sans parler des grandes marques, tout le monde privilégie les chaussures. C’est ce qui fait vraiment fonctionner les marques.

Au début, c’était une clientèle qui n’avait pas de gros moyens alors que mes chaussures valaient chères.  De plus, le magasin se trouvait dans les halles. N’importe quel financier m’aurait dit que j’étais un fou furieux ! La clientèle n’était pas une clientèle de luxe, c’était une clientèle de petites jeunes, d’apprentis styliste.
 

Qu’est ce qui vous a donné l’impulsion pour créer ça ?
C’est venu tout seul. Ca a commencé, je connaissais des fabricants, j’ai été me renseigner, et j’ai dessiné 2 modèles qui ont très bien marchés. Quelques temps après, ils me présentaient comme un dieu vivant !
Ensuite, j’ai rencontré des italiens qui avaient des usines et je suis allé produire en direct chez eux. Je n’ai pas créé ma propre marque tout de suite, ce qui comptait le plus, c’était de pouvoir m’exprimer en retravaillant leur collection. Ca a fait un malheur pendant quelques années. Pourtant, il y avait un autre problème : leurs propres équipes de vente ne savaient pas vendre ces modèles, c’était trop décalé. Alors je leur ai proposé de voyager avec eux et de rencontrer les clients.
Au final, en 86, je faisais un peu tout et j’avais tous les contacts. J’ai tout regroupé sous le nom Michel Perry et j’ai lancé ma propre marque. Comme tous les clients connaissaient déjà mon nom, j’ai facilement et rapidement vendu.

En résumé, je suis parti du fabricant, qui m’a ensuite entrainé vers les clients, et enfin j’ai fait ma marque. C’était beaucoup plus facile. J’ai fait tout le processus inverse par rapport à ce qui se fait aujourd’hui.

Et il y a eu une petite baisse dans le succès entre 1995 et 2000 ?
C’est vrai, il y a eu plusieurs raisons à ça.
Jusqu’en 95, la marque n’a fait que croître, très haut, avec toute la presse derrière. Parallèlement à ça , une concurrence énorme s’est développée, tant au niveau des groupes comme Prada, Gucci, que des créateurs indépendants, Louboutin, plus tard Pierre Hardy.
Le 2ème phénomène est que, comme je n’avais pas analysé le succès, je n’avais pas défini le périmètre de mes libertés. Je croyais que tout m’était permis et partais dans des idées presque caricaturales. Début 90, j’ai voulu changer d’orientation. Je suis allé à Pigalle, je voulais des démarches chaloupées : j’ai mis des bracelets de force à la cheville, des talons de 12. Impossible de marcher avec ! Mais voilà, dans la vie d’un créateur, il faut le faire, autrement vous ne saurez jamais ce dont vous êtes capable ou non. Vous prenez une grande claque en retour, et vous ne le faites plus !
En fait, c’est très mauvais, car d’une part, vous ne vendez pas, et d’autre part, les femmes gardent un souvenir exécrable de la marque. Pourtant, c’est des erreurs qu’il faut commettre, pour revenir à ces valeurs.
J’ai été reconnu pour des chaussures exceptionnelles, mais portables, avec lesquelles on puisse vivre. Et ça je l’avais oublié pendant un moment.

Et aussi, ce n’est pas la force des financiers qui commençait à vous manquer ? Aujourd’hui, est-ce que cela serait possible un tel succès avec la façon dont vous avez démarré ?
Quand j’ai vu les groupes avec leurs financiers derrière, je me suis dit que j’étais inconscient. Eux, ils sont très structurés, très organisés, en revanche ils n’ont pas toujours la réactivité que peut avoir un créateur indépendant.
Là où ils ont été très malins, c’est qu’ils ont su canaliser les goûts. Quand vous standardisez les goûts, vous avez gagné sur le plan industriel.
C’est très fort du point de vue marketing, mais mon histoire est basée sur la différence. Je respecte les femmes pour leur différence, et je me devais de faire des chaussures plus exclusives. C’est une démarche inverse.
Là, je parle des Années 95, avec l’arrivée d’un marketing puissant. Aujourd’hui, ces marques là sont installées et touchent une grosse clientèle, mais il se passe quelque chose de nouveau, ou plutôt un retour qui ressemble aux années de mes débuts. Il y a une cohabitation entre ces 2 approches que je respecte, une culture des groupes et une culture plus individuelle, où la créativité doit être forte.

Vous annoncez ?
Non pas pour le moment, car je suis toujours à un stade « petite marque » et puis je pense que ce n’est ma vocation. J’ai essayé de me dire : « ça y est, je rentre dans la cour des grands, Madison à NY, etc ». J’ai essayé de me convaincre que c’était vrai, mais ça sonnait faux, donc je reviens à ce que j’aime, des collections comme je les entends.

Et la diversification ?
Je fais des sacs, mais je préfère les associations de marques, l’idée de club. Les chaussures Michel Perry peuvent cohabiter avec les parfums Serge Lutens, avec la lingerie agent Provocateur, …
Et le prêt à porter ? H&M !
Si c’était un créateur, Westwood ?
Oui, j’aime le coté aristo décadent, distancié par rapport aux choses, sans tomber dans les caricatures. Il faut savoir relativiser tout, c’est ce que j’appelle une démarche aristocratique. Westwood a détourné tous les codes de la bourgeoisie, et je suis plus dans cet esprit là, dans la dérision, dans l’humour que dans se prendre au sérieux.

L’idée d’être vu comme un «  Dandy rock’n’roll », cela vous plait ?
Oui, dans le sens où je suis très hédoniste. Je reviens à mes origines, je ne suis efficace que dans les choses qui me plaisent.
 

J’ai vu que vous aviez repris des études aux beaux Arts depuis 2000, vous en faites quoi ?
Je stocke. Les beaux arts, c’est parce que j’adore la peinture, j’adore dessiner. Je n’expose pas encore, mais j’expérimente, des nus, des portraits. J’affine mon approche et peut être qu’un jour… dans une deuxième vie peut-être ?!
C’est nécessaire, car pour être disponible dans la tête au niveau création, j’ai besoin de naviguer dans la peinture, déco, architecture.

Vous voyagez beaucoup ?
Oui, mais j’ai un imaginaire très développé. Je voyage beaucoup dans ma tête. Je peux rester seul très longtemps, je ne m’ennuie jamais. Je préfère même voyager dans ma tête que d’être déçu sur place.

Vous avez un château en Bourgogne qui vous occupe aussi beaucoup ?
Ce n’est pas un château en fait. C’est une ruine qui m’a permis d’avoir un laboratoire, de me mettre des défis : est-ce que je vais être capable d’en faire un lieu expérimental, qui va permettre de m’exprimer ? Je pense avoir réussi.
Il y a eu quelques reportages photos dans la presse, comme Match ou AD.
Plus que le fait d’avoir un château, c’est respecter l’âme du lieu en ayant une vision très contemporaine. Comment aller vers le futur, apporter un regard d’aujourd’hui, en respectant le passé : cela s’apparente à ma démarche avec mes collections.

C’est un lieu destiné à recevoir, à faire des expos de peintures, de photos, des concerts.
Je travaille pas mal avec les Inrocks, sur des nouveaux groupes de rock. On a fait un concert au Paris Paris avec Hey Gravity !, Pravda, …
Ca reprend un peu mon idée de club, là avec la musique. J’adore cette idée d’apporter des talents.

Il y a des artistes avec qui vous aimeriez particulièrement travailler ?
Des groupes comme The Do m’intéressent. Eux, je les connais, mais les groupes sont pris par des agents qui gèrent leur carrière, c’est compliqué de les atteindre.

Et aujourd’hui,  quel gros projet avez-vous ?
Trouver le fil conducteur pour faire du business en continuant la création. Je pense que la mode doit s’inscrire dans l’architecture, la lecture, la musique. Il y a toute une façon de vivre. C’est le projet que j’ai envie de mener à bien plutôt que monter 50 magasins.
 
Si je parlais de Factory, ça pourrait être dans un lieu à Paris, avec mes chaussures, un petit salon, puis la nouvelle Nico, un bar, etc. Je cultive l’idée, j’essaie de l’affiner et il y a des gens qui commencent à y travailler.

Quel est l’esprit de la collection de cet hiver ?
L’hiver est glamour alors que l’été je suis plus pop, rock, plus léger.
C’est glamour et austère à la fois. La chaussure couvre le pied, le cache, avec des petites ouvertures. J’ai eu envie d’aller chercher derrière cette austérité, quelque chose au delà des décolletés maximum. Entre Betty Page et Grace Kelly, la brune pin-up et la blonde froide, un mélange des 2 opposés.



Crédit photos Michel Perry

Allez voir son site ici.

Boutique Michel Perry, 243 r saint honoré 75007 PARIS
Anciennes collections Michel Perry, 42 r Grenelle 75007 PARIS

Autres interviews:
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Ma Ke
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Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /Juil /2008 15:48

De l'humanité et de la philosophie du vêtement avec Ma Ke

« I believe that the ultimate luxury is not the price of the clothing, but its spirit »

 

MaKeUseless.jpg

Comme l'évaporée que je suis, je ne me suis pas préoccupée d’obtenir des invitations pour les défilés haute couture. Par miracle, j’en ai reçu tout de même 3. Mais pas Ma Ke
Ma Ke ?
Oui, cette créatrice chinoise dont on me parle depuis des mois. Et dire qu’en plus son défilé, qui a eu lieu jeudi soir dernier, était ouvert au public…
Ma Ke ? Un défilé ouvert au public ? Je vous en dis plus tout de suite….

Ce vendredi, l’IFM me propose de venir à une drôle de rencontre : une discussion à 3 entre Ma Ke, Florence Muller, la fameuse historienne de mode, et Martine Leherpeur, grande prêtresse des tendances, et surtout grande amie de Ma Ke.
J’oublie la présence incontournable du traducteur qui m’a permis de prendre tranquillement autant de notes !

Pour les âmes perdues que nous sommes, nous le public du jour qui avions zappé cet incroyable défilé, Florence nous remet dans le contexte, images à l’appui (voir son post sur son blog ici).

Ce défilé a eu lieu dans les jardins du palais royal, en « pleine  nature », car on verra que c’est un point essentiel pour Ma Ke. Elle souhaitait même au départ  le jardin des plantes pour la proximité avec la galerie de l’évolution….  Vous devinez qu’il y a du concept fort là-dessous.
 
Le défilé commençait par des bacs de graines, puis les plantes, la culture pour le fil, le tissu puis le vêtement. Une jeune femme, installée de façon théâtrale, filait la matière sous les yeux ébahis du public. C’est un hommage à la tradition : l’origine du costume qu’est la matière. On assistait ainsi à tout le procédé jusqu’au vêtement.
Lles personnages faisaient une danse inspirée du processus de création du tissu.


Ma Ke est une jeune styliste chinoise mais dont la maturité est ahurissante. Très tôt, elle a pris conscience de l’impact de la production en Chine et a décidé d’en prendre le contre pied, en créant
 2 marques: une marque, Exception de Mixmind distribuée dans les malls chinois, environ 60 boutiques (chiffre encore très confidentiel pour ce pays), et la marque qu’elle présente uniquement à Paris, Wuyong qui signifie Useless.
C’est tout le paradoxe du personnage : celle, qui déteste les malls et ce système, vit de sa marque Exception pour mieux pouvoir développer son autre marque avant-gardiste et artistique, ce qui n'est pas sans rappeler l'approche des créateurs japonais des 80’s qui ont conçu des marques très avant-gardistes pour Paris.

Ma Ke arrive, la conversation commence… en chinois, très bas, très doucement…

Martine Leherpeur : Quel fut ton chemin, quand tu as fini tes études, pour d’abord Exception puis Useless ?
Ma Ke : J’ai mon diplôme en 92, en spécialité stylisme. Quand j’ai fini mes études, je me suis posée une question : est ce que je comprends le stylisme ? La réponse est négative.

ML : Tu as eu cette réaction a une époque où la Chine est l’usine du monde où il y a une frénésie de conso. Pourquoi une école de mode, puisque tu réagis anti-mode ?
MK : Quand j’ai choisi le stylisme comme spécialité, j’ai choisi le vêtement, l’habit, mais pas le stylisme. J’ai passé mon enfance dans une cité universitaire avec des parents profs. J’ai vu ma mère coudre et j’ai apprécié son art. J’ai toujours porté les habits faits maison, je n’ai jamais acheté un vêtement. Comme en fait, j’aimais beaucoup dessiner, le stylisme s’est imposé comme un choix naturel.

ML : Je trouve que tu es très déterminée. Tu ne t’occupes pas de ce font les autres, à l’instar d’Agnès b, que je connais bien, qui disait à 30 ans « je n’ai jamais regardé un autre défilé, ça ne m’intéresse pas ».
Comment en Chine ce que tu fais est perçu ? Tu sens ton influence ?
MK :Ce que je fais, ça vient d’un besoin, du fond du cœur. Je n’ai jamais cherché à imposer, alors je ne connais pas l’impact sur les autres. Bien sur, j’ai lu des articles où il y avait autant d'admiration que de critiques, mais je n’ai pas cherché à influencer les autres, et je ne connais pas leurs créations.
 

ML : Je travaille beaucoup en Chine pour des marques que tu détestes, celles des malls. Il y a 2 Chine, la Chine que j’aime : montagne, village, gens, authenticité et esthétisme ; et la chine qui me fait vivre, celle pourquoi on s’est rencontré.
MK : Ce que tu évoques avec la Chine que tu aimes, c’est plutôt la Chine de la fin 80. La Chine actuelle est très différente de ça. La Chine que tu as captée est encore en partie existante à la campagne, mais ma comparaison est plutôt de l’ordre des villes entre aujourd’hui et fin 80. En 80, même dans les villes, les gens vivaient de façon simple. Le grand changement est là.

Florence Muller : Pouvez vous nous expliquer comment vous exprimez ça dans vos défilés ?
MK : J’ai pu observer dans mon enfance, cette simplicité, peu de besoin entre les humains. Les rapports étaient plus étroits qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, il y a plus de richesse, et les relations sont plus distantes. L’économie chinoise prend beaucoup d’essor, mais les chinois ont perdu beaucoup de traditions. Par ces défilés, je voulais montrer les rapports entre les humains et la nature. C’est cette valeur qui a le plus d’importance pour moi.

 

FM : Comment cela se traduit dans les 2 défilés à Paris ?
MK : J’ai voulu montrer les humains et non pas leur vêtement. Plus concrêtement, dans le 1er défilé l’an dernier, c’était le rapport entre les générations, et la relation entre l »homme et la terre (FM : les personnages étaient recouverts de terre). Je n’aime pas la mode, le maquillage. Quand on veut utiliser le maquillage, c’est qu’on ne trouve pas les gens beaux. Moi, je trouve les gens naturellement beaux. La seule matière que j’utilise c’est la matière naturelle, celle qui met en valeur.

FM : Le défilé d’hier est présenté comme une histoire avec un début et une fin. Il raconte quoi ?
MK : Hier, je voulais présenter le cycle de la vie. Au départ, le grain, début de vie ; puis la plante, la vie des êtres; le coton, le fruit de la plante; puis avec un travail humain, on arrive au vêtement pour couvrir les gens. A travers ce cycle, peut-on espérer que ce cycle perdure plus longtemps ou s’arrête ? (ML : son papa est prof de philo !)



FM : La différence avec le premier défilé est que ces vêtements peuvent être portés. Pourquoi ?
MK : C’est vrai, mais pour moi, je n’ai pas cherché à ce qu’il puisse être porté. Dans la création, j’avais juste besoin que ces vêtements soient portés.




FM : Ils restent des pièces uniques ou on peut en commander la reproduction ?
MK : Bien sûr, on peut reproduire, mais cela restera des produits artisanaux alors ça prendrait du temps. J’ai une équipe de 25 personnes, et on a mis 8 mois à créer le défilé.

FM : As tu des clientes Wuyong ? Et c’est important pour vous ?
MK : Beaucoup de gens se sont dit inspirés, mais je n’ai pas encore de commande. Et non, je ne crée pas pour ça.

ML : Tu as dit que tu n’aimais pas l’argent, mais que c’était quand même un grand luxe que de pouvoir faire ça.
MK : Ce que je trouve le plus important est le choix de soi même. Je suis très chanceuse de ne pas avoir à regarder le coté marché. Mais cela demande aussi de savoir abandonner certaine autre chose.

FM : Mao peut-il nous expliquer ce qu’il fait (Mao Jihong est le Dirigeant de Exception et le mari de Ma Ke) ?
ML :Il y a quelque chose de très homogène dans leur fonctionnement.
Mao : vous avez parlez d’homogénéité des 2 marques. Aujourd’hui les artistes qui s’occupent de la marque Exception sont la même équipe qui s’occupe de l’autre marque, même si les 2 marques sont gérées séparément. On a toujours voulu passer des messages à travers ces marques, donc du point de vue conceptuel c’est la même chose.

FM : Quelles sont les femmes qui achètent Exception ?
MK : Au début de la création d’Exception, je faisais des vêtements pour des gens comme moi. Mais après quelques années, on a découvert que la clientèle est beaucoup plus large.
Mao : Mais le point commun de cette clientèle est qu’elle recherche toujours un message conceptuel, spirituel.

FM : Et ce message passe-t-il au-delà de la présence des vêtements ?
Mao : Bien sur, il y a d’autres éléments qui font passer le message. Dans la promotion des la marque, il y a le graphisme, l’événementiel.

FM : La presse se fait écho de ce discours ?
Mao : La presse passe le message d’une façon difficile. Les médias font écho mais à chaque fois, on demande à voir ce qu’ils écrivent, sinon n’importe quel commentaire ou critique pourrait nuire. Nous ne recherchons pas une diffusion large, nous sélectionnons les bonnes questions pour donner les bonnes réponses.

ML : Autour de vous, il y a les meilleurs cinéastes chinois, des graphistes et photographes exceptionnels. C’est là qu’on sent que c’est une démarche totalement artistique et c’est ça qui fait la communication.
Mao : Ma Ke a vraiment de la sincérité, du cœur dans ses créations et c’est ce coté là qui fait qu’ils aiment venir travailler avec nous.

Question du public : Pour revenir sur le paradoxe, peut-on envisager que Ma Ke s’occupe d’une marque plus populaire ?
MK : Ces produits existent déjà. Exception est pour le grand public. Le défilé d'hier est pour le grand public, tout le monde pouvait y assister. Les autres créateurs limitent souvent pour limiter la copie. Mais moi, je voulais faire partager, c’est ça la vraie richesse.

Q°P : En venant à Paris, quelles attentes aviez vous ?
MK : Le seul objectif était de pouvoir faire partager mon travail.

Q°P : Il y a quelque chose qui vous a profondément influencé?
MK : Non. Au début de mes études, j’admirais des créateurs comme Martin Margiela. Ensuite, j’ai puisé mon inspiration dans des éléments culturels ou philosophiques. C’est avec ces éléments de tradition que je me nourris.

Q°P : Pourquoi Paris ?
Pour Martine !
Paris est une vitrine à travers laquelle on peut s’adresser au monde entier. C’est donc ma façon de m’adresser au monde entier.


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Par Material Girl - Publié dans : Interview...Du coté de chez Swan
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