Jeudi 28 août 2008
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11:51
De la transparence de l'art et autres considérations temporelles
Je procratine
Tu proscratines
Il procrastine
Vous procrastinez???
Hier, discussion de haute volée avec une amie par MSN.
Monamifutée :
… je préfère prendre ça à la rigolade, c'est que
j'ai du boulot à procrastiner moi!
Moalaramasse:
A quoi? Procrastiner????
Monamifutée :
C’est mon mot préféré. Ca m'étonne grave que tu ne l'utilises pas tous les jours!!???
Ca veut dire "remettre à plus tard".
Je
procrastine toute la journée, c'est mon boulot!!!
Littéralement "remettre au lendemain". Du
Latin.
Proverbe Manchot: « Ne remet pas à demain ce que tu peux faire à une seule ».
Là je me gondole. Pas vous ?
Ca vous sidère le popotin de telles considérations littéraires, non ?! Comment ça
non ?
Bon, ok, je suis peut-être la seule à ne pas connaître ce mot. En attendant, avouez qu’il est tordant, et puis tellement a propos…
Car
oui, mes fidèles ! Je viens de découvrir que je procrastine à longueur de journée !
Et en particulier, je procrastine à fond
sur mon blog. Oui, oui, demain, un nouveau post. Oui, oui, demain, j’aurai des choses délirantes de fashion intérêt à vous narrer…
Et bien Non. J’ai peu de choses délirantes -à part à titre personnel, mais ça c’est une autre histoire- à écrire, alors je procratine, je
procrastine….
… jusqu’à ce jour où je suis allée faire acte de culture à la Fondation Cartier.
Oui, mes fidèles, c’est la journée de la culture !
Ce jour, c’était hier, mercredi. Sachez que le mercredi la Fondation est free entrance. Ce qui forcément implique un peu de queue. Enfin, d’attente quoi. Bref, c’est rapide.
Je suis allée moultes fois à la Fondation, mais c’est la première fois que je la vois aussi décloisonnée. Hymne à sa transparence.
Le célèbre architecte Jean
Nouvel (Prix Pritzker, et tout et tout), accessoirement auteur du bâtiment (et de l’IMA, et du musée du quai Branly, et….) a mis
en scène cette rétrospective sur le fameux
sculpteur César*.
Rien que pour apprécier la transparence du bâtiment, son architecture, les jardins, cela vaut le coup.
L’avantage de ce type d’expo est que ça ne fait pas trop mal à la tête, ni ne prend trop de temps. Pas besoin de passer une heure à faire semblant de cogiter devant chaque pouce ou chaque
bouse…
Oups, pas bouse, mais expansion ! N’y voyez rien d’insultant, au contraire. En art, il faut savoir faire preuve de largesse
d’esprit et surtout de second degré. Bouse est certainement la lecture primaire la plus commune. Enfin, de la « plèbe ».
Tout ça pour dire, qu’il est indispensable de lire les textes qui raconte le cheminement de César. Et c’est là que son travail prend toute sa
dimension.
L’exposition se découpe en 3 parties : les
empreintes humaines (avec ses pouces, seins,..), les
expansions (les fameuses b…), et les
compressions (rendons à César ce qui est au César ).
C’est
l’occasion de rencontrer un César expérimentateur avec ses histoires de matières, de formes, de traces, de mélanges, de masse….
Entre
arts appliqués et physiques appliquées, on peut parler de « physique de l’art » ?
J’avoue que j’apprécie son approche
de « technicien » de l’art. Beaucoup d’humilité, même si ce n’est pas vraiment ce que le personnage dégageait.
Et une
petite mention pour le bestiaire en fer que j’ai particulièrement apprécié.
Allez y, ouvrez vos chakras, et découvrez un César plus
conceptuel qu’on a bien voulu le croire.
Bon alors mes fildèles, vous aussi vous procrastinez souvent?
*Rétrospective César, 10 ans après son décès : Anthologie par Jean Nouvel 8 juil. › 26 oct. 2008 La
Fondation Cartier pour l’art
**Très bon article sur César et cette exposition ici 
Crédit photos : blog ci-dessus